Le lupin, humble et gracieuse fleur des fossés
Parmi les fleurs qui s’épanouissent tôt en juin dans les Maritimes, les lupins attirent l’attention. Groupés dans les champs ou au bord des routes, leurs épis mauves, roses ou blancs apportent des nuances toutes douces au paysage.
Autrefois méprisé, le lupin attendait de se montrer sous son vrai jour : un végétal à la généreuse floraison qui nourrit les sols où il pousse et suscite l’admiration dans tous les regards.
Lupin vient du latin lupinus, qui signifie loup. On a déjà cru que ces fleurs allaient envahir les campagnes et détruire les sols. Or, rien n’est plus faux : leur système racinaire contient une bactérie bénéfique qui fixe l’azote dans le sol. Les lupins ont même été utilisés comme engrais vert pour assainir les sols épuisés de champs surexploités.
Les graines de lupin sont grosses et dotées d’une enveloppe dure. Elles sont si résistantes que des graines d’une variété arctique ont été prélevées du pergélisol et que ces spécimens datant de 10 000 ans ont réussi à germer en laboratoire. Voilà ce qu’on appelle une vivace rustique! Après une première floraison, une seconde grappe aux épis plus petits apparaît vers la fin juillet ou le début août.
Tous les lupins européens traditionnels étaient des plantes annuelles, ce qui a changé avec l’arrivée, au début du 17e siècle, d’une nouvelle variété vivace provenant de l’Amérique du Nord. D’autres variétés améliorées – plus grandes, plus résistantes et plus florifères – ont fait leur apparition dans les années 1800. Les lupins se déclinent maintenant dans une large gamme de couleurs et de grosseurs. Il aura fallu 300 ans à cette fleur pour gagner ses lettres de noblesse!
Les lupins sont traditionnellement présents dans l’art populaire, notamment les courtepointes. Faites une visite à la Foire d’artisanat et de courtepointe Lupin, une expo-vente de plus de 200 courtepointes et tapis crochetés typique des Maritimes.